samedi 28 novembre 2009

Jusqu'à l'enfer

L’adaptation nouvelle de La Mort de Belle dont nous avons précédemment annoncé la réalisation, sera diffusée sur

France 2, le vendredi 4 décembre à 20 h 35.

Téléfilm de Denis Malleval (France 2009). Scénario de Jacques Santamaria d’après La Mort de Belle, 90 mn. Avec bruno Solo (Simon Andrieu, Delphine Rollin (Christine), Yvon Back (le procureur), Jean-Louis Foulquier (le Dr Jussieux), Jacques Spiesser (le capitaine Vallin).


Belle, une étudiante anglaise, est retrouvée morte étranglée chez les Andrieu, le couple d’amis qui l’hébergeait dans la banlieue d’Orléans. Simon, qui était resté chez lui le soir du meurtre, devient le principal suspect.

Difficile d’adapter les « romans durs » de Georges Simenon, à fortiori La Mort de Belle qui, selon l’écrivain belge, évoque « l’incapacité de l’homme à communiquer avec d’autres hommes ». Jacques Santamaria a su recréer l’atmosphère oppressante et désespérée du livre en transposant habilement l’intrigue de la classe moyenne américaine de l’immédiat après-Seconde Guerre mondiale à la bourgeoisie française de province, très chabrolienne, des années 2000. S’il n’est pas parvenu à alléger la dimension psychanalytique du roman, le scénariste a développé avec brio la piste du « complexe de classe » du héros, fils de boulangers qui s’est élevé par le mariage mais n’a jamais été accepté par la « bonne société ».

Bruno solo, impressionnant pour son premier grand rôle tragique, est l’incarnation parfaite de cet « homme banal » cher à Simenon, capable de faire ressentit avec toujours plus d’acuité ses tourments intérieurs alors qu’il se réfugie dans le silence. Dommage que la réalisation de Denis Malleval ne fasse pas toujours preuve de la même sobriété...

Samuel Douhaire, Libération du 25 novembre 2009, n° 3124.

samedi 21 novembre 2009

Cartes postales et cinéma


« La Carterie artistique et cinématographique » propose un vaste choix de cartes postales représentant des affiches de cinéma. Parmi celles-ci, nous découvrons de nombreux films inspirés des romans de Georges Simenon dont voici les titres encore disponibles :


EDC 0159 En cas de malheur 1,37 €

EDC 0615 La Vérité sur Bébé Donge 1,14 €

EDC 0858 Le Baron de l’écluse 1,14 €

EDC 0865 Le Chat 1,14 €

EDC 0104 Le Sang à la tête 1,14 €

EDC 0601 Le Sang à la tête 1,14 €

EDC 0622 Les Inconnus dans la maison 1,14 €

EDC 0107 Maigret tend un piège 2,44 €

EDC 0603 Maigret voit rouge 1,22 €

EDC 0805 Monsieur La Souris 1,14 €

ABF 0020 L’Homme de Londres 4,12 €

ABF 0030 La Marie du port 3,66 €

CPS 0042 Monsieur Hire 9,45 €

PYR 8459 En cas de malheur 4,57 €


N.B. :

Les prix sont établis en fonction de la rareté. Les frais de port ne sont pas inclus.

Les cartes sont tirées à 250 ex.

Une série de titres supplémentaires sera disponible en mars 2010.

En cas de commande : ne pas effectuer de paiement à l’avance. Règlement par chèque ou virement à réception des envois.

La Carterie artistique et cinématographique, BP 30, F-47480 Pont du Casse.

Tel. : 05 53 67 98 63 - Fax 05 53 67 55 72 (Pas d’adresse de courriel).

lundi 16 novembre 2009

Cahiers 23 : Justice est faite ?

Consacrés au monde judiciaire, les Cahiers 23 (160 p.) sont récemment sortis de presse.
Le thème est exploré par des simenoniens avertis ainsi que par des professionnels du droit.
En voici le sommaire :


Georges SIM
L’Affaire Douhard. « Croquis d’audiences »

Jean-Baptiste BARONIAN
L’affaire Jaccoud, un roman que Simenon n’a pas écrit

Michel CARLY
Faites entrer l’accusée : Maigret/Simenon face à la justice

Jean-Luc LEDOUX
La Mort d’Auguste. Une succession

Michel LEMOINE
Préliminaires à une étude du monde judiciaire et des notaires
dans les romans signés de pseudonymes

Roger LORENT
À propos de Lettre à mon juge

Paul MERCIER
Les prises de position de Simenon contre la peine de mort
dans les « Dictées »

Alain STROWEL
Lettre à mon juge : la perte du sens à travers le procès et son
impossible transmission par la narration

Jean-François TAYMANS
Un notaire chez Simenon

Geoffrey WILLEMS
Trois avocats simenoniens

lundi 9 novembre 2009

Paul Mercier. La Botte secrète de Maigret : le verre de cognac


« Mon premier souci a été de montrer la grande variété des interrogatoires conduits par Maigret en permutant trois critères, la bouteille de cognac bien sûr, le bureau de Maigret ou non, et la décision de procéder ou non à un interrogatoire.

Hier, 20 octobre 2009, j’ai entendu un juge d’instruction parler lui aussi, de botte secrète, pour évoquer, avec humour, son souci de respecter son “invité”.

Avec un commissaire Maigret ni confesseur ni trop gentil, c’est toujours, comme dans les romans durs, “l’homme nu”, qui est sur la sellette. L’offre du verre de cognac rend-elle parfois cette souffrance psychique plus supportable pour le lecteur ? Elle reste indissociable du regard, lucide et prévenant, que porte le commissaire sur ses semblables. »

Paul Mercier


À Cognac, au festival POLAR & CO. Paul Mercier décrit le rôle étonnant de l’eau-de-vie dans le travail du héros de Simenon

Quand le commissaire Maigret cuisine au cognac

À l’occasion d’un consistant hommage rendu au père de Maigret, le week-end des 18 et 19 octobre, Polar & Co révèle un « détail qui tue », passé jusque-là inaperçu aux yeux des spécialistes les plus aguerris. Tout le monde a en mémoire « une bière et des sandwiches » commandés par le commissaire au moment d’attaquer un interrogatoire douloureux. Mais personne n’avait repéré le rôle subtil joué par le cognac dans cet exercice de style.


Un dessin inédit de Jean-Philippe Mercier, le fils de l'auteur (non retenu pour la publication) où l'on retrouve la pipe et le cognac sur le bureau de Maigret... (Reproduction DR)

Un ingrédient universel

Fin connaisseur de l’univers de Simenon, notre ami Paul Mercier est tombé dessus un peu par hasard.

Cet universitaire en psychologie sociale et clinique a signé en 2003 Les Chemins charentais de Simenon, au Croît Vif. En rédigeant Cognac Story, son éditeur François Julien-Labruyère l’avait sondé sur la place de l’eau-de-vie charentaise dans l’œuvre de l’auteur belge.

Paul Mercier avait remarqué quelques références, peu marquées. La relecture des Maigret l’a amené sur une nouvelle piste. Dans son bureau, ce bon Jules dispose d’un placard avec un lavabo, un miroir et... une bouteille de cognac. Il en fait usage dans des instants cruciaux, avec une fréquence qui ne doit rien au hasard : une vingtaine d’occurrences entre 1951 et 1972.

Une étude du Liégeois Jacques Sacré sur les vingt-deux alcools les plus fréquents dans les Maigret confirme cet indice. Additionnées, les mentions du cognac (8,2 %) et de sa consommation en fine ou fine à l’eau (10,4 %) donnent au cognac la deuxième place, derrière le calvados (22 %) mais loin devant le whisky (7 %).

C’est le reflet d’une époque où l’alcool britannique n’avait pas encore conquis la France, mais aussi le choix, selon Paul Mercier, d’un « mot-matière », un ingrédient universel connu partout dans le monde.

« Un geste fraternel »

L’universitaire en a tiré un essai de près de 90 pages, quand même, qui s’absorbe d’une traite.

« Le verre d’alcool facilite le passage aux aveux d’un criminel repentant qui va enfin se mettre à table. Il soulage l’alcoolique en état de manque. Il offre une ponctuation dans une confession qui commence à durer, en permettant de faire le point à mi-parcours. Mais aussi, il réconforte dans un moment de détresse et de souffrance et tient alors de l’acte humanitaire plus que du simple geste de courtoisie mondaine », décrit Paul Mercier.

Pour « cuisiner » ses interlocuteurs au cognac, Maigret dévoile différentes recettes.

L’usage le plus fréquent intervient avec les aveux d’un suspect. « Le verre de celui qui vient d’avouer symbolise la coupure d’avec l’humanité ordinaire et, paradoxalement, lui offrir un verre est un geste presque fraternel de reconnaissance, un signe de maintien de son statut humain », analyse Paul Mercier.

Oublié à l’écran

Il arrive au commissaire de ne pas servir son « hôte », ou de se servir seul. Pour mieux se fondre dans la peau de ses proies, ou affronter sa nervosité face à un cas difficile, Maigret se sert aussi parfois discrètement. « Jamais on ne trinque ensemble. On imagine que Simenon écrivait en série. Ce ne sont pas des clichés. À chaque fois, il se renouvelle », apprécie Paul Mercier.

Cet aspect, qu’il est déconseillé d’apprendre dans les écoles de police, a été oublié dans les multiples adaptations à l’écran.

Une bonne raison pour se replonger dans « le plaisir de lire et relire » les textes originaux, selon Paul Mercier.

Philippe Ménard

p.menard@sudouest.com


N.B. : Ce livre est édité par Le Cercle noir. Il est destiné à être offert et ne peut être vendu.

Nous avons cependant négocié un accord de participation au frais avec l’éditeur et sommes heureux de vous informer que nos membres en règle de cotisation 2009 recevront un exemplaire de ce bel ouvrage à l’occasion de notre prochain courrier.


Des exemplaires supplémentaires peuvent être obtenus. Frais de participation gestion, emballage et port : France 9,50 / Europe 11,50 €.
POLAR & CO, 32 rue Grande, 16100 Cognac / Tél : 05 45 82 54 80 & www.cerclenoir.com

mardi 27 octobre 2009

Simone Signoret


Dans La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, Simone Signoret répond aux questions de Maurice Pons :
— Avec Le Chat et La Veuve Couderc, vous voici devenue une interprète de Simenon...
— Ce sont des adaptations de deux romans de Simenon. C'est à Simenon qu'il faudrait demander s'il a retrouvé dans ces deux films ses histoires et ses personnages. En vendant ses droits d'auteur pour le cinéma, Simenon a toujours, en même temps, donné à ceux qui les achètent le droit et la liberté de vagabonder autour de ses sujets et de ses héros. Il n'est pas de ces auteurs qui crient à la trahison. Ces vagabondages sont rarement des trahisons d'ailleurs. Ils sont des aménagements qui finalement servent le monde de Simenon. Parce qu'il y a un monde Simenon et qu'on n'y échappe pas. Même si Clémence, la femme du couple du Chat, a un autre nom (elle s'appelait Florence mais ça gênait Gabin dont l'une des filles s'appelle Florence...) et même si elle a un autre passé (Granier-Deferre la voulait ancienne acrobate, parce qu'il a eu des attaches avec le cirque) et même si elle parle de retravailler (je voulais replacer la scène Montand-Signoret le jour où j'ai été en grand danger de ne pas jouer Thérèse Raquin), cette femme-là reste une femme de Simenon. Même si La Veuve Couderc n'est plus une vieille campa-gnarde dévoreuse de chair fraîche, se voulant encore séduisante, mais une paysanne aux cheveux grisonnants, amoureuse d'une sorte de fils qu'elle n'aurait jamais eu, elle reste une femme de Simenon... je crois, enfin j'espère. En tout cas, c'est ce que nous avons espéré en jouant ces personnages taillés à nos mesures par P. Jardin et Granier-Deferre, Gabin et moi, dans Le Chat, Delon et moi dans La Veuve.
Simone Signoret, La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, Paris, Seuil, 1976, p. 363.

mercredi 14 octobre 2009

Sang d'encre au 36 par Hervé Jourdain

Un polar talentueux et premier roman (prix VSD du polar 2009) d’un jeune auteur, capitaine de police à la brigade criminelle, plus exactement « procédurier », au « 36 » quai des Orfèvres. Il mêle habilement deux univers, le monde de la « Crim », technique et souvent sanglant, et le monde romanesque et humaniste de Simenon.

Hervé Jourdain nous guide dans les coulisses du « 36 » comme il le ferait pour un collègue débutant. Nous y découvrons les arcanes de la hiérarchie policière, le fonctionnement des équipes avec son lot d’aigreurs et d’acrimonies, mais aussi de sympathie, d’entraide et de solidarité. Les « seigneurs » de la Crim ont chacun leur personnalité, surtout la ravissante beurette Nora Belhali, dont les talents de marathonienne se révèleront bien utiles pour la poursuite du criminel. Sans oublier la psychologue « profiler », mal acceptée au départ, mais pleine de sagacité.


L’auteur s’attache à évoquer tous les aspects d’une enquête hors normes : recherche d’empreintes, « tapissage » (présentation d’un suspect aux témoins), autopsies, « gammes » informatiques, périodes de tension et soulagement final.

Mais ce qui rendra ce polar sympathique à tous les simenoniens, c’est le fait que l’assassin, qui récidive tous les vendredis, est un « fan » de Simenon. Chaque assassinat est ponctué d’une lettre qui « parle » aux connaisseurs de l’écrivain. En effet, elle est signée d’un des pseudonymes du romancier : Luc Dorsan, Aramis, Miquette, etc, oblitérée avec un timbre à l’effigie de G. Simenon sans « paluches » (empreintes) ni traces d’ADN et provient d’un haut lieu simenonien : Lausanne, Liège, Porquerolles, La Rochelle, etc. En quelques lignes, elle fait référence à la vie et à l’œuvre du romancier.

En fait, le nœud de l’affaire, c’est le manuscrit d’un polar trop peu apprécié de ses premiers lecteurs et intitulé Souffrances. Un ouvrage raté qui provoque des meurtres en cascade ou comment l’écriture pousse au crime


Éditions Les Nouveaux Auteurs-Prisma Presse, Paris, 2009, 17,90 €

14 octobre 2009.

Danièle Mercier

lundi 12 octobre 2009

Maigret chanté par Jesebel

Écoutez-là sur le site : L'UNIVERS DE VERBENA


Hommage à Georges Simenon 1903-1989 ...20 ans déjà.
A l'occasion du 20e anniversaire de la mort de Georges Simenon, Jesebel lui rend hommage en chanson.
Jesebel chante "Maigret". Paroles Michel Barbier, Musique de Marc Keiser. Hébergé par Overblog.

L'UNIVERS DE VERBENA - http://www.verbena29.com/

samedi 10 octobre 2009

Guitry - Simenon


Les éditions Arléa publient un livre d'entretiens de Dominique Desanti avec Karin Müller : Sacha Guitry. Itinéraire d'un joueur.
Nous y relevons le dialogue suivant pp. 183-184 :

K. Müller — À la fin de sa vie, Sacha s’est découvert une passion pour Simenon. Quelle en est la raison ?
D. Desanti — Simenon mène ses romans comme Sacha ses pièces : il n’y a jamais de temps mort. Chez Simenon, toute description est destinée à donner un indice sur les personnages. Aucune n’est gratuite.
Simenon est un grand romancier. Chez lui, chaque ligne est orientée vers le même but, comme chez Sacha. Ils utilisent donc les mêmes armes dans deux champs littéraires différents. Ce qui passionnait Guitry, c’est la façon dont Simenon conduisait son roman pour arriver à la fin.

K.M. — Simenon faisait-il des descriptions psychologiques ? S’intéressait-il au caractère des personnages ?
D.D — Comme chez Guitry, le caractère jaillissait d’abord des actes puis de la réputation qu’on faisait au personnage. Il n’était jamais « analysé psychologiquement ». Dans deux genres littéraires complètement différents, ils suivaient des chemins parallèles. Chaque mot est utile. Enlevez trois mots à une réplique de Sacha, quelque chose manque, tout comme chez Simenon.

Dominique Desanti, entretien avec Karin Müller, Sacha Guitry. Itinéraire d’un joueur. Paris, Arléa, 2009, 200p., 15 €.

mardi 29 septembre 2009

Paul Mercier sur Europe 1

Nous apprenons que notre ami Paul Mercier sera reçu sur Europe 1 par Jacques Pradel dans son émission de 13 h 30 à 15h le mercredi 30 septembre. Il parlera de son livre Maigret : mode d’emploi ? publié aux Éditions du Céfal, Liège, 2009.

Si vous avez raté la diffusion en direct, vous pouvez l'écouter en différé.
Cliquez sur :
http://www.europe1.fr/Radio/ecoute-podcasts/Emissions/Cafe-crimes/Hommage-au-pere-du-commissaire-Maigret



mardi 15 septembre 2009

Maigret tend un piège (bande annonce) (1957)

Maigret tend un piège (bande annonce) (1957)