jeudi 25 février 2010
Andrea Camilleri : Ce que je dois à Simenon
L’auteur sicilien, aujourd’hui âgé de 84 ans, n’a jamais caché que son commissaire Montalbano n’aurait pas été le même sans le commissaire Maigret. Aurait-il pu en être autrement quand on connaît la charge de producteur délégué assumée par Camilleri dans l’élaboration des téléfilms de la RAI où Gino Cervi interprétait le rôle de Maigret ? Il a dû subir à l’époque une véritable imprégnation simenonienne ! Aussi, lorsqu’il a créé son propre enquêteur, le principal problème de Camilleri « a été de différencier Montalbano de Maigret » (p. 70). Le présent texte développe cette idée tout en fourmillant d’autres anecdotes, notamment concernant sa seule rencontre avec Simenon. Le chercheur simenonien sera peut-être davantage intéressé par la découverte de Simenon par Camilleri telle qu’il la raconte : cette découverte s’est produite quand il était enfant et lisait dans les années 1930 les traductions italiennes des romans populaires d’« un certain Giorgio Sim » (p. 67). La fin du texte laisse entendre que la maison d’édition Adelphi, actuellement en charge de la publication des œuvres de Simenon dans la péninsule, vient de rééditer (en 1999, donc) la traduction du roman populaire intitulé Destinées.
Aurait-elle par hasard réédité d’autres de ces romans populaires jadis signés de pseudonymes ?
Un de nos Amis italiens nous le précisera-t-il ?
Michel Lemoine
"Sur les pas de Maigret"

Sur les pas de Maigret
par Sylvestre CLAINCIER er Guyla ZARAND
Le commissaire Jules Maigret est un personnage de fiction. Héros de 75 romans policiers et de 28 nouvelles écrites par Georges Simenon, cet homme imposant, d'un mètre quatre-vingt, aux larges épaules, est un personnage qu’on n'oublie pas facilement. Sa démarche, sa pipe et son chapeau, appartiennent désormais à l'imagerie populaire. À ses yeux, la recherche criminelle, est avant tout celle d'une vérité humaine qu'on ne saurait mieux comprendre que si on l'a d'abord ressentie. L’ouvrage tente de saisir les émotions de l'auteur en parcourant les lieux de son inspiration et les itinéraires détaillés de son héros.
Les auteurs
Sylvestre Clancier poète et philosophe. Sa formation philosophique l’a amené à entreprendre des recherches sur l’allégorie et le symbolisme. Sylvestre Clancier est l'auteur de nombreux ouvrages, président du PEN Club Français, et membre du Comité de la Société des Gens de Lettres.
Gyula Zarand est diplômé de l'école de Photographie et de l'école Supérieure de Journalisme. Il devient reporter-photographe au magazine Tükör. Effectue de recherches sociologiques à travers la photographie sur les malaises sociaux et politiques après 1956 en Hongrie. Il se penche sur l'hôpital psychiatrique, l'alcoolisme, les adultes marginalisés, les enfants de la rue, etc.
Beau livre illustré 19 x 24 cm. Couverture cartonnée pelliculée à double rabat. Le Plessis-Robinson, Antigone, Éditions du Polar, 144 pages, 180 photos noir et blanc. 20 €
mercredi 24 février 2010
"Balade dans le Var"
Les Éditions Alexandrines s’intéressent, depuis leur création il y a quinze ans, à la vie et au quotidien des écrivains dans leur région d’origine ou d’appartenance.Chaque Balade suit l’histoire d’une vingtaine d’auteurs, et le département s’ouvre au lecteur à travers la présentation de chacun d’eux rédigée par un spécialiste, universitaire, membre de la famille, érudit local ou ami, qui nous raconte, anecdotes à l’appui, son « grand homme » dans le département.
Nous pénétrons ainsi dans l’intimité des grandes figures littéraires tout en découvrant le patrimoine de chaque département.
C’est ainsi que sont nées les balades dans les départements d’Île-de-France, de Picardie, de Champagne-Ardenne, du Nord-Pas-de-Calais, de Basse-Normandie, de Haute-Normandie, d’Aquitaine, du Languedoc-Roussillon... Le tour de la France littéraire se poursuit avec Balade en Loire-Atlantique, Balade en Limousin, Balade dans le Var...
Ce dernier volume, le trente neuvième de la collection, nous présente trente-deux écrivains nés ou ayant séjournés dans le département du Var. Parmi eux, on trouvera notamment Colette, Saint-Exupéry, Françoise Sagan, Jean Cocteau, George Sand, Guy de Maupassant... et Georges Simenon à travers ses séjours à Porquerolles, son « île idéale ». Le sujet est traité par Michel Schepens
L’ouvrage comptent plus de 300 pages, une belle couverture couleur cartonnée avec rabats, un très beau papier sépia, des cartes et de nombreuses illustrations. En annexe, une table des lieux de vie des écrivains indique les lieux d’intérêt et leurs adresses.
Balade dans le Var, Paris, Éditions Alexandrines, « Sur les pas des écrivains », 19,50€.
lundi 22 février 2010
Amiens : Georges Simenon au cinéma. Exposition.
Georges Simenon
au cinema
Georges Simenon passe pour être le romancier le plus adapté au cinéma, du moins en France. Les premiers films qui mettent en scène le commissaire Maigret datent de 1932 et la dernière adaptation est sortie sur les écrans en 2008 : L’Homme de londres de Bela Tarr. Depuis les années soixante, la télévision s’est emparée également des héros de Simenon et notamment de Maigret : Jean Richard et Bruno Crémer en France, Ruppert Davies et Michael Gambon en Angleterre, Bori Tenine en URSS, Kess Bruce en Allemagne ou encore Kinya Aïkawa au Japon…
L’exposition « Simenon au cinéma » réalisée avec le concours de l’Association des Amis de Georges Simenon (Bruxelles), a souhaité montrer l’importance de ces adaptations tant sur le grand que le petit écran. Ce travail s’appuie sur les deux livres du spécialiste des adaptations de l’oeuvre de Simenon au cinéma : Claude Gauteur (et notamment D’après Simenon, Omnibus, 2001). Nous le remercions ici vivement ainsi que les collectionneurs qui nous ont prêté de nombreux documents.
Enfin, cette exposition a été rendue possible grâce à l’aide précieuse du Fonds Simenon de l’Université de Liège.
Journée d’études : « La postérité littéraire de Georges Simenon » le 23 avril -
Bibliothèque Louis Aragon
Vernissage le jeudi 22 avril 2010 à 17h
du 19 avril au 11 mai
Bibliothèque Universitaire
Campus - Chemin du Thil
Amiens
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h
lundi 15 février 2010
Léo Malet et Georges Simenon
Nous apprenons la sortie (toute récente, 13 févier) d’un numéro spécial de la revue 813 consacré à Léo Malet, numéro 106 du mois de décembre 2009. On y trouve, dans les pages 18 à 21, un texte de Paul Mercier :
"Quand Burma mettait ses pas dans ceux de Maigret…".
Malet s’est inspiré de l’intrigue de La Tête d’un homme pour faire de la figure de Radek un tueur en série et romancier raté.
Le sapin pousse dans les caves, un remake de La Tête d’un homme ?
« L’hommage rendu est un hommage au roman de Simenon, sous la forme élégante d’un autre roman policier »
Un hommage de Léo Malet à Georges Simenon et, à son horreur de l’usage d la guillotine.
Le roman de 1955 sera republié sous un autre titre, La Nuit de Saint-Germain-des-Prés.
Dans le même numéro, page 40, Jean-Louis Touchant fait remarquer la présence tout à fait rare d’un commissaire de police, Raffin, dans un roman de 1953 de Léo Malet, Énigme aux Folies-Bergères, Ce qui lui inspire le commentaire suivant : « Rareté d’un auteur qui n’aime pas tellement la police officielle et qui se dirige du côté de Simenon et de la série des Maigret .»
Aux sables d'Olonne
Festival Simenon
qui se tient annuellement aux Sables d'Olonne aura lieu du 12 au 20 juin sur le thème "Simenon et la Vendée".
mercredi 10 février 2010
"En cas de malheur" avec Line Renaud.
En cas de malheur
Téléfilm dramatique d'après le roman homonyme.
Durée : 97 mn. En 16/9.
LE SUJET
Une vedette du barreau accepte de défendre une délinquante coupable d'un hold-up : grâce à un faux témoignage, l'avocate, sous le charme, obtient l'acquittement.
Noémie et Lucie ont tout prévu : pendant que Lucie passera la nuit avec la bijoutière, Noémie cambriolera la boutique. Mais ce que les deux jeunes femmes ignorent, c'est que la commerçante se méfie : l'alarme est enclenchée. Dès la première sonnerie, la bijoutière se rue dans sa boutique et prend Lucie à parti. Des cris et des coups sont échangés. Lucie frappe la bijoutière, qui s'effondre, le visage en sang. Les deux voleuses parviennent à s'enfuir et se séparent. Lucie passe la nuit à errer dans les rues, puis va voir Sam, un patron de boîte de nuit. Celui-ci accepte de lui fournir un alibi. La jeune femme va ensuite trouver maître Viviane Guérand, une célèbre avocate, pour lui demander d'assurer sa défense. La juriste, séduite par le culot de Lucie, décide de l'aider...
lundi 8 février 2010
Cinémathèque de Toulouse - Simenon au cinéma
La Cinémathèque de Toulouse rend hommage à Georges Simenon,en proposant une programmation consacrée aux adaptations cinématographiques de ses romans.
Du 16 janvier au 28 février 2010
vendredi 15 janvier 2010
Hannah Arendt, lectrice de Simenon
Cette biographie associe la présentation des grandes étapes de la pensée et de l’œuvre de la philosophe théoricienne du totalitarisme aux événements historiques qui la sollicitent et au tableau des amitiés et des cercles successifs. Si la liaison qu’elle eut brièvement au début des années 30 avec Heidegger est désormais bien connue, d’autres aspects de son existence, pourtant du plus
haut intérêt, le sont moins : son rapprochement avec le sionisme sous l’égide de Kurt Blumenfeld avant et pendant la guerre, son mariage avec Günther Stern, puis avec Heinrich Blücher, sa longue amitié aux États-Unis avec la romancière Mary McCarthy ou avec le poète W.H. Auden.
Polémiste redoutable et critique cinglante, constante dans ses fidélités, et en premier lieu dans sa relation avec cette grande conscience allemande que fut Karl Jaspers, Arendt a traversé tous les débats du siècle, sans jamais céder ni sur son indépendance d’esprit ni sur sa lucidité : face au totalitarisme, dont elle forge le concept, mais aussi face au racisme et aux mouvements pour les droits civils aux États-Unis, face à la création de l’État d’Israël et au devenir du sionisme, face à l’engagement américain dans la guerre du Vietnam, face à la révolte de la jeunesse des années 60. Ne s’abandonnant jamais à la tentation aristocratique du retrait, elle accomplit une œuvre de pensée sans avoir besoin de décrier le monde, mais en prônant l’amour de la réalité, donnant ainsi l’image rare d’une vie de penseur à la hauteur de ses accomplissements spéculatifs.
« [...] Hannah Arendt lisait une combinaison d’auteurs assez disparates comme notamment Proust, Clausewitz et Simenon. Aussi curieux que ce trio puisse sembler, ils ont chacun contribué aux projets et aux centres d’intérêt qu’elle a emportées en Amérique.
[...] Vers la fin de l’été 1940, “aux heures les plus sombres de la guerre” – la chute de la France, la menace qui pesait sur l’Angleterre, le pacte Hitler-Staline encore intact, et comme conséquence redoutée la coopération étroite des deux polices secrètes les plus effectives – la lecture des romans policiers de Simenon était plus qu’un divertissement pour Hannah Arendt.
La connaissance ainsi apprise de la structure et des méthodes de la police française lui a été hautement utile. Certains amis de Hannah Arendt trouvaient qu’elle inclinait trop à embrasser des théories de conspiration, et qu’elle avait de plus tendance à suspecter un complot derrière chaque incompétence bureaucratique.
Quand en 1940 elle a prévenu ses amis juifs de ne pas donner suite à l’ordre de la police française de se présenter à la préfecture la plus proche, ceux qui l’ont écoutés étaient plus que reconnaissants envers Simenon de l’avoir stimulée à se méfier de la police. Ceux qui ont refusés de se faire enregistrer devenaient non seulement apatrides et aussi illégaux, mais n’étaient pas arrêtés comme beaucoup de réfugiés qui avaient remplis bien sagement leur adresse sur les formulaires de d’enregistrement. »
Nous remercions Johnny Bekaert qui nous a signalé ce texte dans son édition néerlandaise et en a assuré la traduction. Depuis, nous avons retrouvé l’édition française chez Calmann-Lévy.
Hannah Arendt, biographie de Elisabeth Young-Bruehl
Broché: 717 pages.
Éditeur : Calmann-Lévy.
Réédition : 20 octobre 1999.
Collection : « Les vies des philosophes ».
Prix : 32 €.
ISBN-10: 2702130372
ISBN-13: 978-2702130377
Le premier roman de Pierre Simenon
Au nom du sang versé
Argumentaire des éditions Flammarion :
Se déroulant dans les années 1990, Au nom du sang versé relate l’histoire d’Antoine Demarsauds, un avocat de Los Angeles aussi brillant que débauché qui, alors qu’il est abruptement rappelé en Suisse pour les funérailles de sa mère, avec laquelle il n’a pas communiqué depuis des années, se retrouve confronté à des allégations selon lesquelles son défunt père avait collaboré avec les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Farouchement déterminé à établir la vérité et venger la mémoire de son père, Antoine s’embarque dans une quête qui va le mener des coffres-forts secrets des banques privées de Genève aux ruelles de Cracovie et des pluvieuses banlieues parisiennes aux plaines limites du Texas. Et alors que son enquête progresse dans l’ombre menaçante d’un passé qui ne se dit pas, il déclenche accidentellement une série d’événements qui vont non seulement le forcer à remettre en cause ses sentiments, loyautés et convictions les plus intimes, mais aussi à mettre sa vie en péril.Fils de Georges Simenon, Pierre Simenon, né en 1959 à Lausanne, a travaillé comme analyste financier et gérant de portefeuilles dans une banque privée genevoise avant de partir pour les États-Unis en 1987, où il est devenu avocat de cinéma à Los Angeles. Instructeur de plongée, passionné de requins et d’Histoire, Pierre Simenon vit à Malibu, en Californie, avec sa femme et son fils. Au nom du sang versé est son premier roman.
Éditions Flammarion, 464 p., 21 €. (Parution le 20 janvier 2010.)

